Épidémie de chikungunya à La Réunion

Une épidémie de chikungunya a frappé l'île de La Réunion entre début 2005 et mi-2006, infectant environ 244 000 personnes (près de 40 % de la population) et causant 203 décès. Ce variant muté du virus, caractérisé par le changement d'un seul acide aminé, s'est particulièrement bien propagé via le moustique Aedes albopictus (moustique-tigre), contrairement à l'espèce historique Aedes aegypti. Le premier cas fut recensé le 22 février 2005, mais le préfet Dominique Vian estimait la maladie bénigne ; pourtant, les cas sont passés de 4 500 en novembre à plus de 30 000 fin janvier 2006. Face à l'ampleur de la crise, les ministres Xavier Bertrand et François Baroin ont publié un communiqué le 28 décembre 2005 appelant à éliminer les gîtes larvaires, tandis que la DRASS confirmait 6 décès directs le 24 janvier 2006. En janvier 2006, les élus locaux, comme le sous-préfet Olivier Magnaval et le maire de Saint-Louis Cyril Hamilcaro, ont vivement critiqué l'État pour avoir minimisé la menace, marquant durablement les esprits face à une gestion jugée tardive.